Quatrième de couverture : A partir d’une ample bibliographie confrontée à vingt
années d’expériences comparées de terrain, l’auteur s’interroge sur les
processus de longue durée qui ont fait du continent africain noir ce qu’il
apparaît aujourd’hui : un ensemble contrasté d’Etats en train de se
chercher, qui vivent sans doute actuellement la plus grave révolution sociale
de leur histoire puisque, d’ici la fin du siècle, ce continent jusqu’alors
relativement sous-peuplé, à large dominante rurale, mais qui connaît désormais
les taux d’accroissement démographique les plus élevés du monde, comptera une
nette majorité de citadins appelés de plus en plus à vivre en marge de l’économie
« moderne », mais aussi en symbiose avec elle.
Quatre thèmes majeurs sont
ici privilégiés, à travers le temps long de l’histoire : le peuplement, qui fut de longue date le
plus irrégulier et peut-être le plus fragile du monde ; la genèse du pouvoir et de l’Etat, où s’enchevêtrent intimement filiations
et modèles pré-coloniaux, coloniaux et contemporains
(de l’ethnicité au tribalisme, de la chefferie aux factions et à l’Etat-Providence) ;
la crise des paysanneries, dont le
malaise croissant s’est exprimé de façon tantôt brutale, tantôt sublimée – des révoltes
aux syncrétismes religieux – depuis les tout débuts de l’ère coloniale ;
enfin la formation du monde du travail et
des villes, où se jouera assurément l’avenir politique du continent.
Au demeurant, un
diagnostic de pessimisme raisonné, face à cette grande leçon de l’histoire :
l’Afrique d’aujourd’hui ne doit rien au hasard. On ne peut comprendre son
présent, on ne peut agir sur son avenir sans prendre la mesure de son passé, où
s’entrecroisent de façon indissociable données internes et pressions mondiales.