Quatrième de
couverture : Même si l’écho nous en parvient encore, comment
pourrions-nous mesurer l’ampleur du choc provoqué dans les années 430-450 sur
le monde « civilisé » par les infernales chevauchées d’Attila ?
Après tout, s’il a massacré, pillé, brûlé et rançonné avec
ivresse, le Hun n’a pas pris Rome, ni Constantinople ; il a épargné Lutèce
et, aux Champs Catalauniques, a fait retraite ! Ne fut-il alors qu’un
tigre de papier, l’objet des fantasmes d’écrivains paranoïaques ? Certes,
non ! Le « Fléau de Dieu » a bel et bien achevé d’ébranler un
édifice vermoulu en remettant en mouvement des peuples – germaniques ceux-là –
fraîchement et à grand-peine assimilés par Rome et en creusant le fossé entre l’Orient
et l’Occident et surtout en infligeant à la Romanité une humiliation dont elle ne s’est pas
relevée.
Ce cavalier des Steppes dont les ancêtres venaient du fond
de l’Asie – peut-être la Corée
– ne traitait-il pas les empereurs d’Orient et d’Occident – celui de Chine
aussi – comme des égaux sinon comme des inférieurs ? Lui qui avait vécu à la Cour de Ravenne, parlait le
latin et le grec et s’entourait de « civilisés », ne refusait-il pas
de se bâtir une belle capitale de pierre ; ne jouait-il pas, avec un art
du bluff et un cynisme consommés, sur
une « barbarie » dont il forçait les traits ? Ne fut-il pas le
premier « barbare » à ne pas demander poliment qu’on voulût bien l’accueillir ?
Chef d’un peuple vigoureux et fruste, il méprisait des ennemis prêts à tous les
arrangements pourvu qu’on les laissât vivre leur décadence en paix…
A l’aide d’une documentation considérable (souvent inédite en France), Maurice Bouvier-Ajam a reconstitué avec un œil neuf les ultimes
palpitations d’un monde agonisant et fait le portrait d’un mauvais sauvage dont
la vie ne fut qu’un immense et insolent éclat de rire à l’endroit de la « Civilisation ».