Quatrième de
couverture : Pays de mythes et de mystères (quels prodiges n'a-t-on
pas attribué à ses lamas!) connu pendant des siècles par les seuls récits de
quelques voyageurs intrépides, le Tibet entre brutalement dans l'actualité en
1950, lorsque les troupes chinoises envahissent Lhassa, et plus encore en 1959,
lorsque ces mêmes troupes répriment dans le sang la révolte du peuple tibétain,
massacrant 87 000 moines et civils.
Trente ans plus tard, en hommage à la lutte de son
peuple, le dalaï-lama a décidé de raconter son histoire _ et quelle histoire!
Né dans une famille de paysans, reconnu à l'âge de deux ans comme l'incarnation
du treizième dalaï-lama, il est élevé dans l'austérité _ mais aussi les fastes
_ du Potala, le palais aux mille chambres, fuit une première fois devant l'occupant,
regagne Lhassa et doit mener dès lors une politique de compromis avec les
autorités chinoises _ bien malaisée pour un adolescent de quinze ans. Il se
rend en Chine, rencontre Mao, Chou, et plus tard Nehru. En 1959, sous la
pression de son entourage, il réussit à s'enfuir au péril de sa vie et
s'installe en Inde, dans le village himalayen de Dharamsala.
Plus de 100 000 de ses compatriotes le suivront. Aujourd'hui, alors que la
répression au Tibet s'est muée en un véritable génocide (un million de morts,
près de 6 000 monastères détruits, la détention arbitraire, la déportation et
la torture généralisées), le dalaï-lama continue à exercer ses fonctions à la
tête de la communauté tibétaine en exil et œuvre sans relâche à la cause de la
paix mondiale et de la non-violence. A l'automne 1989, il reçoit le prix Nobel
de la paix.
Livre-souvenir, certes, qui rappelle avec humour les
frasques de l'enfant-dieu turbulent, et avec nostalgie un mode de vie disparu à
jamais, Au loin la liberté est aussi
un livre-réflexion: sur le bouddhisme et ses liens avec le communisme, sur le
malaise occidental et la politique en général vus de l'Himalaya, sur le
problème de l'environnement, qui est au cœur de la philosophie du dalaï-lama,
etc. Mais, plus que tout, c'est un formidable message d'espoir _ l'espoir que,
malgré ce que son peuple et lui ont pu subir, le dalaï-lama place en l'humanité