Quatrième de
couverture : « La vérité ressemble à la fable. Toujours quelque
chose d’extraordinaire se mêlait aux évènements qui arrivaient à Beaumarchais »,
déclarait son confident et ami Gudin de la Brenellerie.
Ecoutant Figaro, « l’homme le plus dégourdi de sa nation »,
le spectateur croit reconnaître son auteur. Beaumarchais-Figaro
devient un unique personnage, et trompe une nouvelle fois son monde.
Jeune horloger, il s’était évadé de la profession en
inventant « l’échappement », il abandonna la musique pour la
spéculation, les emplois officiels pour les intrigues, la comédie, pour le
drame bourgeois. Echafaudant mille projets, menant de front cent affaires, à l’aise
devant les situations les plus embrouillées, rusant, biaisant et paraissant
toujours aller droit son chemin, Beaumarchais s’échappait en riant, faisait
rire et semblait triompher de tout.
Trop adroit pour paraître laborieux, trop franc pour
demeurer vraisemblable, trop lucide pour rester sincère, Beaumarchais prétendit
encore donner, dans sa tourbillonnante existence, l’exemple de la probité
morale et inspirer, dans ses dernières œuvres théâtrales, l’amour de la vertu
et l’horreur du vice.
Plusieurs séjours en prison et la désaffection du public
payèrent justement de telles ambitions. Le dernier « échappement » du
vieux Beaumarchais fut la mort. Demeure l’insaisissable et jeune Figaro.