Quatrième de
couverture : Au cours d'une longue et belle vie, le grand romancier du Sang noir et du Pain des rêves a constamment tenu des « Carnets. » Il en propose
aujourd'hui un choix passionnant.
Louis Guilloux, pendant plus d'un demi-siècle est resté à
l'écoute des grands orages de l'histoire et de la voix de ceux qui, invisibles
et modestes, font et subissent cette histoire. Il n'a pas tenu un « Journal »,
avec ce que cela implique souvent de complaisance narcissique, ou de curiosité
pour les minuscules commérages sur les « grands de la terre » ou les petits
potins des grandes époques. Il a tenu le livre de bord d'une traversée des
hommes de la Guerre de 14 à la Seconde Guerre mondiale, de la Révolution d'Octobre
à la Guerre d'Espagne, de la « Maison du Peuple » de sa jeunesse aux immeubles
du petit peuple de Paris ou de Saint-Brieuc, de son voyage en U.R.S.S. à l'Occupation,
de ses amis glorieux, Gide, Malraux ou Aragon, aux voisins du quartier et aux
passants de la rue, Louis Guilloux garde l'oreille au guet, le coeur en éveil et l'esprit en alerte.
Jour après jour, pendant cinquante-cinq ans, la trame de ces
Carnets tisse une tapisserie d'une
extrême richesse. Une époque s'y reflète, des milliers de voix y parlent ou
chuchotent. Et dans le filigrane de ce beau livre attentif, modeste et généreux,
préférant toujours écouter autrui plutôt que de parler de lui, Louis Guilloux
cependant est là, comme un hôte si attentif, et si discret qu'on ne sent sa
présence que par la lumière d'un regard qui éclaire les autres, et révèle une
époque.