Quatrième de
couverture : Le site provençal dominé par la montagne Sainte-Victoire
est le thème privilégié de Cézanne au cours des dernières années de sa vie.
Exécutée vers 1904, à l’heure des premiers succès, la montagne Sainte-Victoire au dessus de la route du Tholonet résume toute la modernité de sa peinture.
Rompant avec une tradition picturale issue du Quattrocento, elle apparaît comme
le symbole d’une révolution picturale à venir.
Cézanne n’a pas traversé sans dommage les nombreux
ouvrages qui lui ont été consacrés, les uns s’attachant à flatter la
sensiblerie du grand public, les autres péchant par un trop grand souci d’érudition.
De la vie de Cézanne, Frank Elgar n’a scrupuleusement
retenu que les faits indiscutables. De l’œuvre de l’artiste, il donne une
interprétation qui paraîtra nouvelle, bien qu’il n’ait pas eu d’autre ambition
que de la décrire comme son regard lucide l’a vue. La jugeant sans idée
préconçue, voire sans complaisance, il en montre les échecs et les réussites,
les parties les moins convaincantes et celles et celles où s’est pleinement
exprimé le génie du peintre.
Parler d’un créateur aussi illustre n’implique pas nécessairement
qu’il faille lui attribuer toutes les vertus et confondre dans la même
admiration tout ce qui est sorti de sa main. Ce qui est généralement le plus
admiré d’un maître n’est pas toujours ce qui est particulièrement admirable,
surtout quand l’esprit critique dispose d’un long recul.
Le principal intérêt de ces pages est de restituer son
vrai visage à un sublime novateur qui, incompris de son vivant, devait être mal
compris longtemps encore après sa mort.