Quatrième de couverture : Si, pour la légende et
pour l’histoire, Jean-François Champollion appartient à jamais à la tribu des
héros de l’esprit, ce n’est pas seulement parce qu’il sut,
un jour, percer le mystère des hiéroglyphes. Aurait-on oublié, en effet, que
cet éternel jeune homme eut encore le privilège d’incarner jusqu’à la
perfection tout le génie des Lumières ? Que son cœur, si précocement
incendié par la passion des langues, était de ceux qui veulent dissiper la nuit
dans l’ordre des savoirs comme dans l’ordre des cités ? C’est à ce titre
que Jean Lacouture – dont toutes les biographies explorent des destins
complices de l’art et de la politique – a choisi de ressusciter le profil
farouche et attachant d’un savant qui fut aussi un citoyen exemplaire de son
siècle. De Figeac à Grenoble, de Saqqara à la Grande
Statuaire du musée de Turin et à la fournaise d’Abou-Simbel,
de la Haute-Egypte à la pierre de Rosette, d’un frère
trop paternel à des pharaons muets, on le verra ainsi livrer tous les combats
dont peut foisonner une existence pleine et brève. La Révolution, l’amour d’une
poétesse toscane, la bienveillance des dieux antiques, la ferveur pour
Bonaparte et la fermeté devant Napoléon rythment cette vie que Stendhal, mieux
que Balzac, aurait pu imaginer. On en suivra ici les étapes, dans le sillage
d’un être plus romanesque qu’aucun de ses contemporains, et qui osa, par
enthousiasme, ajouter quelques millénaires à la mémoire du monde.