Résumé :
André Castelot raconte admirablement la vie d'un
prince qui ne sut pas être roi parce qu'il pensa trop à Dieu et à Versailles,
et refusa d'admettre que la Révolution et l'Empire avaient changé la France.
Charles X, qui, jusqu'à son
avènement, porta le titre de comte d'Artois, fut incontestablement léger et
dépourvu de sens politique, mais il supporta ses exils successifs avec une grandeur
qui force le respect. "Cette race sait admirablement mourir, écrivait
Chateaubriand, soixante ans de malheurs ont paré la victime."
Il eut, jusqu'à sa mort, la
nostalgie de l'Ancien Régime. "J'ai mes vieilles idées, disait-il, je veux
mourir avec elles."
Mais ces "vieilles idées"
devaient conduire la monarchie à la catastrophe. Ni la bonne gestion de la
France qui avait retrouvé la paix et de bonnes finances ni le débarquement en
Algérie ne vinrent compenser ses maladresses. Les ordonnances de Juillet,
notamment celle qui supprimait la liberté de la presse, en furent le
couronnement et déclenchèrent la révolution.
C'est à la cour trop aimable
de Trianon que tout avait commencé et c'est à Rambouillet que tout s'achèvera.
Sous la menace du peuple de Paris, qui marchait vers le vieux château, Charles
X dut abdiquer au profit de son fils Louis XIX. Celui-ci, après un "règne"
de deux minutes, abdiqua au profit de son neveu, le duc de Bordeaux, qui ne
régna jamais. Et ce fut un douloureux et troisième exil, achevé par la mort en
1836, à Goritz, d'où le corps du dernier roi de
France sera sans doute prochainement rapatrié en France pour être inhumé à
Saint-Denis.
André Castelot,
qui a suivi pas à pas le prince puis le roi, montre bien que ce petit-fils de
Louis XV a incarné la fin d’un monde.