Quatrième de
couverture : Orphelin
à six ans, officier à Saumur, explorateur au Maroc, ethnologue et linguiste,
domestique à Nazareth, ermite au Sahara, maître spirituel et confident d’êtres
exceptionnels, garant malgré lui de la paix au Hoggar, Charles de Foucauld,
assassiné à Tamanrasset le 1er décembre 1916, a eu un destin qui
captivera tous ceux qu’intéresse l’épopée française en Afrique.
De
nombreux biographes le montraient entrant un jour dans l’église Saint-Augustin
à Paris pour en ressortir à jamais transformé : la réalité est plus
mystérieuse et délicate. On ne peut comprendre l’homme et son itinéraire qu’en
les replaçant dans leur contexte familial et social. De l’enfant de Strasbourg
à la victime des Oasis, Charles de Foucauld a vécu bien des vies :
Marguerite Castillon du Perron, la première, nous le
restitue dans sa pleine humanité, racontant, avec la rigueur de l’historienne,
ses années d’enfance, sa jeunesse de fêtard lettré et la tristesse
augustinienne dans laquelle il a évolué jusqu’à la révélation de l’existence de
Dieu. Elle explique ainsi le passage de l’écœurement et de l’errance de ce
jeune officier mondain, trop riche et choyé, à l’ascétisme le plus exigeant et redonne
à la relation qui le liait à sa cousine Marie de Bondy son importance et sa
profondeur.
Se
refusant à l’hagiographie, l’auteur n’élude pas non plus les années angoissées
qui suivirent le « retournement » de Charles de Foucauld, ni la
question coloniale, ni celle de ses rapports avec l’armée. Passionnée par le
périlleux cheminement qu’implique toute conversion, en retraçant cette
surprenante aventure, Marguerite Castillon du Perron
a réussi à cerner, dans cette magistrale biographie, la personnalité de l’un
des saints les plus modernes de ce temps.