Quatrième de
couverture : La
Révolution française, c’est bien connu, est une histoire d’hommes.
Point de féminin aux « géants de 93 ». Le cliché de la femme étouffée
par une révolution antiféministe s’est solidement enraciné depuis quelques
années, détrônant sans l’oublier tout à fait l’image ancienne de l’horrible « tricoteuse »,
viriloïde et glapissante au pied de l’échafaud.
Face à de tels stéréotypes, l’objet de ce livre est de faire
le point, sans complaisance ni parti-pris, sur ces
deux questions : quelle est la part des femmes dans la Révolution française ?
Quelle fut l’attitude de la
Révolution à l’égard des femmes ? En somme, peut-on
nommer « citoyennes » celles que les hommes de la Révolution ont privées
des droits politiques ?
A suivre l’action et la sensibilité de ces citoyennes, le
lecteur verra vite que la
Révolution a connu d’autres vedettes que Marie-Antoinette et
Charlotte Corday, rétablies ici à leur place de
fétiches expiatoires. Aussi le récit est-il ponctué par les biographies de
figures originales et méconnues, féministes comme Olympe de Gouges et Théroigne de Méricourt, épouses influentes comme Manon
Roland, modernes comme Lucile Desmoulins, aristocrates défiantes comme la marquise
de La Tour du
Pin ou déçues comme Madame de Chastenay, militantes
extrémistes comme Claire Lacombe.
Autour de ces portraits inspirés par les discours, les
journaux intimes, les lettres, les Mémoires que ces femmes ont laissés, bouge
la foule irrepérable des citoyennes anonymes, des
paysannes muettes, des bourgeoises discrètes, toutes celles dont l’existence s’éparpille
en feuilles d’archives, se radiographie à la lumière des statistiques et ne
retrouve son souffle que dans l’invention des grands romanciers progressistes
du XIXe siècle, Victor Hugo ou George Sand.