Quatrième de
couverture : Pourquoi Clemenceau ? Qu'est-ce qui presse aujourd'hui
d'écrire à propos de celui que l'on appela le Tigre ? Peut-être une
nostalgie, la nostalgie d'un homme d'État à l’âme ardente et forte comme on en
chercherait en vain de nos jours. Ah ! On ne s'ennuyait pas avec lui ! Sa
langue était terrible, sa plume aussi.
C'est de lui que j'ai eu envie de tracer le portrait dans
toute sa dimension, y compris dans ses traits les plus exécrable. Il en avait.
Personne n'est parfait. Intolérant, cruel, impulsif, irascible, un monstre
d'orgueil... « Il fut à lui seul et pour ainsi dire en chacun de ses jours, un
drame…», disait De Gaulle. Personnage hors du commun en une époque tumultueuse
où la jeune république commençait à peine à s'enraciner dans la nation, toute
sa vie a été un long combat pour la défense de ses idéaux de jeunesse, liberté
et justice, qu'il n'a jamais abdiqués.
Jules Ferry fut son ennemi préféré. La calomnie a failli
l'abattre. Avec le scandale de Panama, l'affaire Dreyfus a été, parmi d'autres,
son cheval de bataille.
Le pays l’a adoré, tandis qu'il le tenait, aux heures
sombres de la guerre, celle de 14, à bout de bras ; les femmes l'ont aimé
jusqu'à son dernier souffle ; ses contemporains l'ont parfois haï - trop dur,
trop moqueur, trop insolent ; le pouvoir lui est venu tard mais alors, quel
usage il en a fait !
Portrait d'un républicain donc, portrait d'un patriote, mais
aussi portrait d'un homme vulnérable, maintes fois blessé, capable de toutes
les générosités, tel est ce « Coeur de Tigre ».