Quatrième de
couverture : Le débarquement de Dieppe est une des opérations les plus
controversées de l’Histoire. Elle procura de précieux renseignements sur la
façon d’exécuter les opérations purement amphibies, mais dans le domaine
militaire, la principale leçon, qui n’était plus à apprendre, fut qu’on ne
viole pas impunément les principes les plus élémentaires de la guerre. Tout le
monde en avait conscience avant qu’elle ne se déclenchât, mais elle fut imposée
par le consentement général. Les canadiens désiraient se battre ; les
marins cherchaient des renseignements précis ; Churchill, en cette période
si néfaste pour l’Angleterre, et sous les clameurs réclamant un second front,
voulait à tout prix faire quelque chose.
C’est le récit de cette opération mal préparée, mal
montée, parfois mal exécutée que Terence Robertson présente au public français.
Ce n’est pas un compte rendu militaire, avec des numéros d’unités comme points
de repère, mais une étude émouvante et humaine. Ce sont des hommes que nous
voyons s’entraîner, se battre et mourir. Nous les suivons, chefs et simples
soldats, dans leurs actions, leurs résolutions, leurs défaillances, leur
héroïsme. C’est vraiment de la guerre « à vif ». Après avoir lu ce livre,
nous n’ignorons plus rien de l’opération et nous comprenons l’amertume qu’elle
a laissée au Canada. Si le succès ultérieur efface les fautes, il n’efface pas
les deuils, d’autant plus lourds à porter qu’ile paraissaient évitables.