Résumé : […]
Frédéric Barberousse n’est pas seulement le plus grand Empereur du Moyen Age,
il est resté le héros national allemand, le plus prestigieux de tous peut-être
dans l’imagination populaire. L’Allemagne qui lui était remise, il l’a aimée
profondément. Empereur et roi durant trente-huit ans, il est mort par accident
en conduisant une nouvelle croisade pour délivrer Jérusalem retombée au pouvoir
de l’Islam. Sa disparition soudaine dans les eaux du Sélif
le fit comparer à Moïse mourant avant d’atteindre la terre promise et servit sa
légende plus qu’elle ne lui a nui. Le héros, dirent les poètes, n’était pas
mort. Il était seulement endormi dans une caverne des montagnes. Un berger l’avait
vu. Il sommeillait le coude appuyé sur une table de marbre. Sa barbe déjà avait
fait neuf fois le tour de la table. Réveillé par le bruit des pas, il demanda : »Les
corbeaux volent-ils encore autour de la montagne ? ». Sur la réponse
affirmative du pâtre, il se rendormit. Son heure n’était pas encore venue.
Cet homme de légende fut un homme d’action, un politique,
un ambitieux. Il s’est heurté aux communes lombardes, éprises de liberté, à un
grand féodal Henri-le-Lion, le Guelfe, à des grands papes, Adrien IV, Alexandre
III. Sa vie fut une lutte constante. Quelles idées l’ont mené ? Quels
desseins a-t-il poursuivis ? Pour raconter cette vie, expliquer l’empire,
faire revivre Barberousse, ses conseillers, ses adversaires, transporter le
lecteur dans ce XIIe siècle, si riche, si mouvementé, si tragique, il fallait
un historien qui fût un grand germaniste et un écrivain.