Quatrième de
couverture : Il est rare de voir paraître une autobiographie qui ne se
contente pas de faire revivre les péripéties d'une vie passionnante, mais
parvient en outre à capturer l'essence d'un temps et d'un lieu. Conteuse née, Galina
Vichnevskaïa relate comment elle est parvenue à
sortir de l'extrême pauvreté dans laquelle se sont passées son enfance et sa
jeunesse, pour devenir la plus célèbre diva de la scène lyrique soviétique.
Elle fait bien plus, cependant, que de nous raconter sa vie. Elle nous présente
aussi, en témoin direct, l'histoire soviétique avec, pour commencer, une
puissante évocation de la vie quotidienne sous Staline : la sordide misère qui
règne dans les villes, les purges, puis le blocus de Leningrad par les
Allemands, la famine mais également Staline lui-même. Plus tard, quand sa
carrière prendra son essor, elle sera courtisée par Boulganine, elle épousera
Rostropovitch, fera la connaissance de Brejnev, s'opposera à Evtouchenko et
soutiendra Soljenitsyne, tandis que Chostakovitch et Akhmatova
l'immortaliseront dans leurs oeuvres.
En 1974, après avoir été victimes pendant plusieurs années
des brimades des autorités soviétiques, Galina Vichnevskaïa
et son mari, le violoncelliste et chef d'orchestre, Mstislav
Rostropovitch, quittent l'Union soviétique, avec la bénédiction du pouvoir,
pour deux années de « voyages à des fins artistiques ». Quatre ans plus tard,
un décret du Comité Central fait savoir que les deux grands musiciens sont
privés de leur citoyenneté pour « s'être livrés à des activités antisoviétiques
». Ils n'ont plus le droit de rentrer dans leur pays.
Galina nous dépeint un univers artistique placé sous
l'étroite surveillance du KGB et contrôlé par le Parti, et elle retrace la
désillusion croissante qui les a poussés, Rostropovitch et elle, à quitter
cette Russie qu'ils aiment tant.
Son histoire est une histoire de Russie, une histoire d'art
et d'amour, de privations et de succès.