Quatrième de couverture : Dans la nuit de l'occupation,
des hommes et des femmes ont lutté, sur le sol de France, pour sauver
l'honneur, harceler l'ennemi, éliminer les traîtres. Voici l'histoire de ces
« soutiers de la gloire », comme disait Pierre Brossolette. Voici,
reconstituées de mois en mois, ces quatre années telles que les ont vécues les
volontaires des mouvements de résistance ou des réseaux, les envoyés de la
France Libre ou les agents des services alliés opérant en France. Des quelques
rares irréductibles de Juin 1940 aux bataillons de maquisards de la Libération,
de l'inexpérience des premiers temps à l'organisation progressive de la
résistance, de la première liaison radio et du premier parachutage aux
transmissions couvrant tout le pays et aux opérations aériennes revenant à
chaque lune, du premier bulletin calligraphié aux journaux clandestins tirés à
des centaines de milliers d'exemplaires, du premier attentat aux plus
spectaculaires sabotages, cette reconstitution minutieuse se fonde sur des
témoignages pour la plupart inédits, recueillis au cours d'une enquête qui a
duré plus de cinq années.
I. – La Première année (Juin 1940
– Juin 1941)
De
l'armistice à l'agression allemande contre la Russie soviétique, ce premier
volume couvre une année pendant laquelle bien des Français ont ignoré jusqu’à
l'existence de ce qui, cependant, méritait déjà le nom de
« Résistance ». Et pourtant, dans les deux zones, se dessinent les
premiers mouvements ou réseaux ; venus de Londres, où ils avaient rejoint
le général de Gaulle, les premiers envoyés de la France Libre ont commencé à
recueillir et à transmettre des renseignements ; les premiers parachutages
ont eu lieu ; des partis politiques se reconstituent clandestinement ;
la Résistance a déjà des journaux.
Et
pourtant, des manifestations ont été suscitées : le 11 novembre, à l'Etoile
et aux Champs-Elysées ; le 1er mai, dans le Pas-de-Calais et le
Nord ; en mai encore, à Paris, pour la fête de Jeanne d'Arc.
Et
pourtant, les officiers résistants de l'armée d'armistice ont camouflé du
matériel de guerre, et préparé une éventuelle mobilisation.
Et
pourtant la résistance a déjà connu la trahison et la répression :
démantèlement du réseau d'Estienne d'Orves, affaire
du Musée de l'Homme.
Il y
avait donc beaucoup à dire sur cette « première année », sans oublier
un débat de fond qui n'est pas près d'être clos : jusqu'à l'entrée en
guerre de la Russie, la Résistance française a-t-elle compté dans ses rangs le
Parti communiste ou seulement des communistes ? Le général de Gaulle, dans
une lettre à Vercors publiée ici pour la première fois, affirme que « sous
réserve de ce que firent quelques individualités, leur Parti, jusqu'en été
1941, ne s'engagea pas dans la lutte ». Mais, dans des témoignages qui,
eux aussi, sont pour la plupart inédits, les communistes répondent, citent des
faits, des noms, des dates.