Quatrième de couverture : Malgré la coexistence de trois
langues et les tendances centrifuges des Flamands et des Wallons, la Belgique
n'est en rien une construction artificielle. C'est bien plutôt le résultat
d'une longue et originale histoire le plus souvent commune.
Tirant
son nom de peuples celtes venus de l'est, l'identité belge s'est
progressivement définie au Moyen Âge puis durant la période moderne. La Belgique
devient alors un enjeu stratégique pour les puissances européennes. Façonnée
par les guerres de religion, elle est tour à tour dominée par l'Espagne et l'Autriche;
elle est dévastée et réduite par la France; elle est bridée puis protégée par
l'Angleterre, au gré de ses intérêts de puissance maritime; elle est deux fois
envahie par l'Allemagne; elle est, enfin, au coeur de
l'aventure de l'intégration européenne depuis la fin de la Seconde Guerre
mondiale.
L'Etat
créé en 1831-1839 a fait le choix de politiques souples et réalistes. Ainsi, le
long processus de fédéralisation, encore inachevé, n'a pas conduit le pays à
l'éclatement. L'intégration dans une Union européenne dont elle forme
l'avant-garde n'a pas dissous le génie belge mais l'a mis au service d'une
construction originale. Après avoir souffert des siècles durant d'avoir été un
enjeu international, la Belgique a gagné sa place d'acteur européen essentiel.