Quatrième de
couverture : Protégés par une infranchissable barrière de glace,
animés de phénomènes atmosphériques féeriques, les pôles, aux nuits et aux
jours longs de six mois, furent longtemps les lieux les plus mythiques du
monde.
Du XVIIe au XVIIIe siècle, ils fascinèrent les esprits,
excitèrent les imaginations et suscitèrent les aventures. Poètes, astronomes,
géographes, explorateurs, philosophes, naturalistes, utopistes, tous y
projetèrent leurs visions, leurs espérances, leurs appréhensions ou leurs
fantasmes. Les plus grands - Descartes, Leibniz, Kant, mais aussi d'Alembert,
Halley ou Buffon - échafaudèrent théorie sur théorie à propos de ces
territoires inaccessibles jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Et même alors, quand
on comprendra enfin que les pôles ne sont que des territoires gelés et
inabordables, on y placera toujours l'Atlantide, on y verra encore le passé et
l'avenir de la Terre, la cause des marées et des courants. Rétif de La
Bretonne, en une étrange prémonition, imaginera même la montée des mers sous
l'effet de la fonte des glaces.
Au long de cette histoire, où les explorations se mêlent
aux spéculations sur les taches du Soleil, le magnétisme de la Terre, l'origine
des fossiles, les causes du Déluge, la localisation du Paradis, les avatars des
cosmogonies et les balbutiements de l'évolution, imaginaire poétique et
hypothèses scientifiques ne cessent de se compléter et de se répondre.