Quatrième de couverture : Une analyse saisissante de l’histoire du
troisième Reich et du principe même de la tyrannie, à travers la plus
révélatrice des biographies d’Hitler.
Après avoir suivi Hitler
dans son ascension vers le pouvoir, jusqu’à la dictature, Alan Bullock nous fait assister, dans ce second tome, au
déchaînement de la tyrannie. Au faîte de sa puissance, Hitler perd toute
retenue et cultive plus que jamais l’hystérie comme moyen d’action politique.
Cet homme malade fait la preuve qu’un accès de fureur, contre laquelle personne
n’ose s’élever, peut imposer la folie comme système de gouvernement. L’originalité
historique d’Hitler a consisté dans l’application terriblement littérale de
toutes ses divagations et dans l’incomparable maîtrise des moyens mis à sa
disposition.
C’est dans la guerre qu’Hitler
dévoila le plus clairement son génie et son étroitesse d’esprit. Son entêtement
désespérait ses généraux les plus fidèles, ses audaces défiaient toute logique
et sa cruauté toute imagination. Il est personnellement responsable des
premiers succès du troisième Reich comme de ses plus monstrueuses erreurs
tactiques ou politiques et du cataclysme final.
De 1939 à 1945, Hitler est
resté l’homme de quelques principes, sur lesquels il ne toléra pas la moindre
discussion, même lorsqu’il devint évident qu’ils le conduisaient à sa perte. L’apport
le plus précieux de l’ouvrage d’Alan Bullock réside
peut-être dans le chapitre final, intitulé : « L’Empereur est tout nu ».
Il nous fait pénétrer dans l’asile d’aliénés que fut le « bunker »
personnel du Führer ; le contraste y est de plus en plus grotesque entre
son monde de la folie et la réalité. Les opérations des derniers mois sont
conduites par un commandant en chef d’une armée de fantômes, les ordres de
contre-offensive lancés dans le vide et cette phrase, énoncée en 1943 déjà,
revient dans toutes les divagations du Führer comme une épitaphe sanguinaire et
grotesque : « Si le peuple allemand n’est pas capable de triompher
dans cette épreuve, je ne verserai pas une larme sur son sort ».