Quatrième de
couverture : Secret, fuyant la publicité, il fut avant tout un homme
d'influence, méprisant l'argent et l'inféodation aux pouvoirs économiques et
politiques. Moraliste autant que journaliste, Hubert Beuve-Méry, qui signait ses éditoriaux " Siruis
", puisait ses références dans le Moyen Age des moines défricheurs et dans
Péguy. Il cultivait jalousement son indépendance et, pour mieux se prémunir, se
refusa longtemps à dîner en ville, fuyant réceptions et cocktails, peaufinant à
l'extrême un personnage d'Alceste.
Mais qui connaît l'histoire du fondateur du Monde?
Pour la première fois, cette biographie retrace les
combats d'un grand directeur de quotidien vilipendé par l'extrême gauche, à la
Libération, pour son pétainisme supposé, et par l'extrême droite, durant la
guerre froide, pour son crypto-communisme présumé...
Qui était-il? Né pauvre, presque misérable, sauvé par
l'Eglise catholique, il fut avant-guerre le correspondant de presse du Temps en
Europe centrale. Durant dix ans, il dénonça la menace du national-socialisme.
Il fut l'un des rares intellectuels à crier " Non " aux accords de
Munich qui abandonnaient Prague à Berlin, l'Europe à la déferlante nazie.
Puis vint Le Monde. L'occasion, à la demande du général
de Gaulle, de créer un journal propre, vrai, en rupture avec la presse "
pourrie " d'avant-guerre...
Portrait d'un homme et histoire d'une exigence, ce livre
fait aussi revivre la presse de toute l'époque avec ses passes d'armes, ses
engagements, ses égarements parfois, et les figures d'un Camus, d'un Brisson, d'un
Lazareff, d'un Mauriac, d'un Servan-Schreiber, etc. Il
raconte la formidable aventure d'un " anticonformiste " qui réussit à
faire de son journal le bréviaire de la classe politique et des cadres à une
époque où la presse supplantait la télévision.