Quatrième de couverture : "Ils ont des chefs, un mot d'ordre et des signes
particuliers pour se reconnaître", signale en 1809 le commissaire général
de Lyon. Ils ? Les compagnons, ces
ouvriers singuliers qui ont des cathédrales dans la mémoire et se proclament
Enfants de Salomon, de maître Jacques ou du père Soubise. Ils se transmettent des rituels mystérieux, défilent en gibus avec
des airs compassés de bourgeois, baptisent au vin rouge les drôles de noms
qu'ils se donnent; s'entrebattent à mort ou s'entraident à vie, c'est selon,
portent le Beau dans leurs mains et mettent en couplets la condition ouvrière
sur l'air de Caressons-nous Lisette.
Qui sont-ils en vérité ?
Après
avoir marché sur les traces des pèlerins de Saint-Jacques (Priez pour nous à Compostelle), P. Barret
et J.-N. Gurgand ont cette fois suivi celles des
compagnons du tour de France traversant, balluchon à l'épaule, les paysages du
XIXe siècle. Là encore il s'agit d'un voyage. L'anecdote est d'époque, mais
l'important est de toujours : le grand secret des ouvriers du Devoir, c'est que
l'homme porte en lui tous les chefs-d'oeuvre.