Quatrième de
couverture : « Mes amis, au
secours !... Vous pouvez tous aider les sans-logis… Grâce à vous, aucun
homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou les quais de Paris… »
Le 1er février 1954, alors qu’un froid
meurtrier sévit sur la Capitale, un prêtre de 41 ans lance un message sur les
ondes. Ce n’est pas un appel à la charité, mais à l’ « insurrection
de la bonté ». Un cri de révolte. Dans les jours qui suivent, les dons
affluent dans un hôtel du VIIIe arrondissement.
A l’origine de ce mouvement, un homme qui a toujours
privilégié l’action sur la pitié, la solidarité sur la commisération : l’abbé
Pierre. Tous les Français connaissent désormais le mouvement Emmaüs qui, sous
son impulsion, vient en aide aux plus démunis.
C’est en février 1954, justement, qu’André Roumieux, jeune infirmier psychiatrique, se rend pour la
première fois à la communauté de Neuilly-sur-Marne. Cinq ans plus tôt, l’abbé
Pierre, ancien résistant, député MRP, a fondé à Neuilly-Plaisance une auberge
de jeunesse, devenue par la suite une communauté d’hommes en difficulté. La
règle d’or : « Servir premier les plus souffrants. » Un principe :
l’autonomie. Une méthode : récupérer les vieux meubles, les objets, les
vêtements, les livres, pour les revendre au seul profit des déshérités.
Depuis, André Roumieux est
resté fidèle à Emmaüs. L’histoire qu’il nous raconte est celle de l’abbé
Pierre, bien sûr, mais aussi celle de ses premiers compagnons. C’est l’aventure
d’hommes et de femmes anonymes auxquels il a donné la parole :
communautaires, responsables et amis d’un mouvement qui compte aujourd’hui 317
communautés dans 37 pays.