Quatrième de couverture : "L'Amérique avant les
Gratte-ciel" : voici une époque qui nous semble non seulement lointaine,
mais presque insolite. Qui pouvait l'évoquer mieux qu'un témoin de ce temps ?
Née en 1893, Loïs Perkins-Maréchal a passé sa
jeunesse dans le Connecticut. Pour Jean-Claude Pasteur, elle évoque dans ce
livre ses souvenirs de provinciale, d'abord dans la petite ville de Norwich, qui
semble sortie d'un roman de Dickens, puis dans l'immense cité de New York,
alors en pleine fièvre d'expansion économique.
Pourtant,
dans la maison de bois où Loïs Perkins passa son
enfance, il y avait déjà, en 1890, le chauffage central au gaz et l'eau
courante dans toutes les pièces. Comme la plupart des jeunes filles
américaines, Loïs Perkins pratiquait tous les sports
et on l'aurait étonnée en lui révélant que les écoles françaises d'alors ne
disposaient ni de piscine, ni de terrain de sport pour jouer au base-ball.
En
1900, on lynchait les "nègres" en Amérique et il y avait à Norwich un
quartier misérable qui leur était réservé tout au bas de la ville. A la veille
d'une nuit de Noël, Loïs Perkins se rendit, les bras
chargés de cadeaux, dans la masure qu'habitait sa petite amie noire Carrie
Randy.
Les
années passèrent. Loïs Perkins vint en France, au
cours de la guerre 1914-1918, avec une troupe théâtrale. C'est ainsi qu'elle
fit la connaissance d'un poilu violoncelliste, Maurice Maréchal. Un coup de
foudre réciproque provoqua un mariage instantané; Mais la jolie Américaine qui
fumait, portait déjà les cheveux courts et surtout préférait les conserves aux
plats cuisinés, eut bien du mal à s'adapter à la vie française dans le petit
appartement parisien de ses beaux-parents, où il n'y avait pas de salle de
bains et où elle brûlait ses jupes en voulant se chauffer à un maigre feu de
coke. Autres temps, autres lieux !
Soixante
ans plus tard, Loïs Perkins- Maréchal se souvient
avec humour de son passé.