Quatrième de couverture : "Je serais bien étonné si
le livre de M. Orestes Ferrara ne produisait pas en France
un remous considérable. D'abord parce qu'il sera une révélation. Nous
connaissons en effet fort peu la vie de ce personnage que nous avons pris, à la
légère, l'habitude de juger d'après sa légende, qui est fort loin de coïncider
avec la réalité. Ensuite, et surtout, parce que nous ignorons les débuts de
cette carrière, qui furent très mouvementés et plus suspects encore. A vrai
dire, et quelle que soit l'objectivité à laquelle s'astreint le grand historien
cubain, il est bien obligé d'avoir à excuser son héroïne sur les étranges manoeuves qui la portèrent au trône, dépouillant sa
filleule, fille légitime du roi Henri, de ses droits à la couronne de Castille.
Cette jeune fille, la princesse Jeanne, injurieusement surnommée la Beltraneja, fut pour
ainsi dire par force reléguée dans un couvent. Bref, ce fut une exilée perpétuelle.
Si
les choses avaient suivi leurs cours normal et traditionnel, c'est aux pieds de
la princesse Jeanne que Christophe Colomb aurait déposé l'hommage de sa
découverte américaine. Et c'est elle qui passerait pour la fondatrice de la
patrie.
Avec
une sorte de courtoisie philosophique, M. Orestes
Ferrara feint d'admettre, dans le cas présent, une certaine légitimité de la
raison d'Etat. Mais il est aisé de discerner, dans son magnifique travail
(modèle de patiente érudition et de haute probité intellectuelle), je ne sais
quel sourd frémissement d'indignation analogue à celui qui anima naguère son
courageux Pape Borgia, victime lui
aussi d'une conjuration d'ambitieux médiocres qui avaient l'urgent besoin de le
faire passer pour un monstre."
F.M.