Quatrième de
couverture : Le règne des sultans mamelouks (1250-1517), des « esclaves
couronnés », fondateurs au bord du Nil d’un Etat puissant et d’une
prodigieuse richesse, compte parmi les plus brillantes époques de l’histoire de
l’Egypte et des pays d’Islam.
Au début du XIIe siècle, les sultans ayoubides,
saladin en tête, se constituèrent une garde personnelle, un corps d’élite formé
de Mamelouks (« chose possédée ») qui, très vite, se virent confier
les hauts postes de l’armée et de l’Etat. Conditions pour appartenir à cette
phalange prestigieuse : être né libre, non musulman, avoir été réduit en
esclavage et avoir la peau blanche. A l’origine, la plupart étaient des Turcs,
généralement de forts et beaux adolescents achetés à des tribus des steppes d’Asie
centrale. Plus tard, on verra parmi les Mamelouks des Circassiens, des Grecs et
même des Français, des Italiens, des Catalans. Au milieu du XIIIe siècle, l’un
d’eux, Baybars, ancien esclave kiptchak, assassina le sultan, prit sa place et
fonda ainsi l’Empire mamelouk qui, jusqu’en 1517, engloba l’Egypte et la Syrie.
Les sultans mamelouks chassèrent les croisés d’Egypte et après avoir capturé
Saint Louis relâché sur rançon, repoussèrent les Mongols des rives de la Méditerranée,
puis portèrent les armes en Anatolie, en Arabie, à Chypre et ailleurs. Ce sont
eux qui mirent fin à la domination des croisés au Levant. Guerriers
redoutables, conquérants audacieux, habiles diplomates et commerçants, mécènes
incomparables, ils firent du Caire, de Damas, d’Alep et de bien d’autres cités
des centres intellectuels et commerciaux d’une prospérité et d’un rayonnement
inouïs. Malgré les querelles opposant souvent les clans mamelouks, les « esclaves
couronnés » régneront près de trois siècles avec une poigne de fer. Il
faudra, pour mettre à bas l’Empire mamelouk, la puissante armée du sultan
ottoman Selim Ier qui finira par conquérir l’Egypte et la Syrie.