Quatrième de
couverture : Saviez-vous qu'en pleine Révolution française, les
Anglais avaient envoyé une expédition de cinq voiliers et sept cents hommes
dans l'Empire chinois, pour l'amener à « s'ouvrir » à eux ? Qu'ils
entendaient, bien qu'ils ne fussent encore que huit millions, négocier fièrement
d'égal à égal avec un pays qui en comptait déjà trois cent trente - le tiers de
l'humanité ? Que la Chine, considérant qu'elle était « la seule
civilisation sous le Ciel », repoussa brutalement toutes leurs demandes ?
Qu'elle traita leurs envoyés comme des prisonniers de marque ? Qu'ils furent
soumis - de Macao à la Tartarie, à travers les rites de la Cour et les
surprises de la Ville, parmi les bureaucrates célestes et les
missionnaires-otages - à un véritable voyage initiatique ? Que cette occasion historique
fut un rendez-vous manqué ?
C'est un double voyage initiatique que le lecteur fera en
leur compagnie ; au tréfonds de l'Empire du Milieu, enclos dans une perfection
figée, mais aussi de l'Empire britannique, tendu dans son essor ; vers
l'identité de l'Extrême-Orient, comme vers celle de l'Extrême-Occident ; vers
l'essence du dirigisme et celle du libéralisme.
La mission Macartney dans une Chine à son apogée fait
retentir le heurt de deux cultures : la brillante civilisation chinoise, plus
de quarante fois séculaire, et la jeune civilisation occidentale, emportée par
les effets croisés des révolutions intellectuelle, scientifique, technologique,
marchande, maritime, agronomique, industrielle, financière. Une seconde
mission, en 1816, dirigée par lord Amherst, reçut un accueil encore plus
humiliant. Pour accéder à la Chine, les Anglais décidèrent de recourir à la
force : ce fut la peu honorable guerre de l'Opium. Une société raffinée
s'effondrait sous le poids de son enfermement et de son immobilisme. Cet
enchaînement dramatique jette une lumière nouvelle sur la double énigme du « développement »
et du « sous-développement ».