Quatrième de
couverture : « Du point de vue biographique, tout a été dit sur
Jésus-Christ dans les quatre évangiles. Un roman ne saurait donc être qu’un
réagencement de l’histoire, visant le sensationnel, tendant à prouver par
exemple que le Christ était en réalité Judas ou que c’est Ponce Pilate que l’on
crucifia, et le Christ qui, déguisé en centurion romain, lui perça le flanc de
sa lance. Mais mon roman se contente de suivre le récit des quatre
évangélistes, à cela près qu’il tâche de combler, par des inventions
plausibles, la grande lacune qui s’étend dans la vie de Jésus ente son bar-mitzvah et le commencement de sa mission. Ainsi, je
fais de lui un homme marié, puis un veuf sans enfant. Là cependant s’arrête ma
tentative de révolution. Mon principal objectif a été de bien caractériser le
personnage du Christ comme celui de chaque disciple – de les montrer dans leur
vérité d’êtres humains, avec leurs parlers et leurs talents distinctifs.
Le Christ lui-même n’a rien du petit homme de la
tradition, doux, humble, malingre. Il est grand, fort, avec une voix puissante.
Allant de pair avec cette hypothèse, il y a une certaine satisfaction à voir un
homme en plein épanouissement physique abdiquer sa force au profit de la
tolérance et de l’amour. Par-dessus tout, j’ai voulu marquer qu’il n’est d’espoir
pour l’homme que dans la régénération personnelle. La réforme politique est
sans espoir. La croix est le symbole de l’Etat – l’Etat de César ou du
président de la république française aussi bien. La voie du Christ – le chemin
de croix – est la seule viable ».
Anthony Burgess