Quatrième de couverture : Parce que son travail passe avant sa vie privée, on
lui fait la réputation d’être le comédien le plus secret de France. Parce que,
pour lui, tous les hommes sont innocents, on le dit grand interprète des rôles
inquiétants. Parce qu’il donne une dimension héroïque aux honnêtes gens, on
croit qu’il cultive l’ambiguïté et complique les choses simples. Mais, au-delà
de ces clichés, tout le monde reconnaît en Michel Bouquet l’un des grands
acteurs d’aujourd’hui. Il est un des seuls comédiens français à joindre aux
qualités latines la violence slave, la folie anglaise, le romantisme nordique
et l’ardeur mystique des Espagnols ; Il s’aventure aux limites de la
responsabilité de l’interprète.
Ce livre est l’aboutissement
d’une expérience originale. Au monologue littéraire, Michel Bouquet a préféré
une sorte de collectif amical afin de découvrir peu à peu sa vérité à travers
le témoignage et les réactions des autres. Le résultat est surprenant. C’est précisément
en parlant des autres et en donnant la parole aux autres que Michel Bouquet se
révèle dans ses profondeurs. Ce qu’il donne à ses rôles, il le transmet à ses
amis, à ses partenaires, aux spectateurs. Il n’est pas séparable des auteurs qu’il
aime, des metteurs en scène qui lui font confiance, des élèves dont il est le
témoin exigeant et fraternel. Plus il réfléchit sur son métier, plus il s’interroge
sur sa vocation et plus nous nous attachons à l’homme, plus nous percevons la
voix d’un témoin essentiel, d’un compagnon de voyage au bout de la vie.
Ce livre nous invite à
reprendre plus nombreux le chemin de la « Maison de l’homme ». Si l’église
fut la Maison de Dieu, le théâtre, dit Michel Bouquet, est la Maison de l’homme.
N’est-ce pas là que l’on peut le mieux défendre le droit des autres à l’existence
et à la différence ?