Quatrième de couverture : "Klaus Barbie en France !
A quand Massu et Bigeard à Alger ?" Ce graffiti, en lettres énormes, je
l'ai vu tracer par des mains de jeunes algériens dans le métro République sur
un tableau publicitaire vierge, peu de temps après que la France eut récupéré
le bourreau de Jean Moulin.
A la
fin de la guerre d'Algérie, plus préoccupé de faire oeuvre
de solidarité vis-à-vis des harkis émigrés en France que de pousser des cris
d'indignation sur les exactions dont j'avais été le témoin dans les djebels, je
me suis fondu dans le grand silence de la conscience nationale trop soucieuse
de panser ses blessures: le drame des harkis, les rapatriés, les divisions de
l'armée.
Depuis,
la torture, à l'Est comme à l'Ouest, en tant que pratique commune de tout
système caractérisé par sa prétention totalitaire et le refus de composer avec
une opposition, est une épine constante dans la chair.
Comme
historien et témoin, faire mémoire de notre histoire récente, sans accuser, est
une manière de guetter, voire d'alerter, quand rôdent les terrorismes, sur ce
qui pourrait venir ou revenir.
Alain Maillard de La Morandais