Quatrième de
couverture : La comtesse de Boigne née d’Osmond
est célèbre grâce à ses Mémoires. Son
témoignage, qui s’étend de la fin de l’Ancien régime à la révolution de 1848,
est essentiel à la connaissance de la restauration et de la monarchie de Juillet.
Chateaubriand la tenait pour une personne « aimable, spirituelle, remplie
de talents », Sainte-Beuve pensait que si elle « fût née homme, elle
eût été ministre » : elle a tout vu, tout compris, tout raconté avec
une élégance piquante et une pénétration incomparable.
Françoise Wagener a enquêté sur cette femme hors du
commun. Née à la Cour de Versailles, grandie en Angleterre en émigration, Mme
de Boigne fait partie jusqu’à la fin de l’Empire des
cercles d’opposition du faubourg Saint-Germain et se lie avec Mme de Staël, Mme
Récamier et Chateaubriand. Sous la restauration, elle joue un rôle social
éminent. Son salon réunit les grands acteurs de la vie politique et
diplomatique. Amie d’enfance de la reine Marie-Amélie, elle assiste au règne de
Juillet de l’intérieur du Palais-Royal et des Tuileries. Sans jamais renier son
appartenance à la vieille aristocratie, elle saura accompagner le changement.
De fidèles amitiés, dont celle de Mérimée, soutiennent sa vieillesse. Pour se
distraire, elle écrira ses Mémoires.
En retraçant l’itinéraire de cette grande dame libérale,
Françoise Wagener révèle les accidents qui ont jalonné sa vie personnelle, mais
aussi l’unité de celle-ci. Elle éclaire les trois figures masculines qui ont
compté pour Mme de Boigne : son père, le marquis
d’Osmond ; son mari, le prestigieux général de Boigne
qui fit fortune aux Indes ; et le chancelier Pasquier, un de nos plus
grands hommes d’Etat. Elle nous permet aussi de suivre les turbulences et les
échecs de onze règnes et régimes successifs ainsi que les évolutions profondes
d’une société particulièrement colorée.