Quatrième de
couverture : La comtesse de Ségur n’est pas ce que vous croyez,
Claudine Beaussant le sait bien puisque la comtesse,
c’est elle. Ou presque. Il lui a suffit de reprendre la plume laissée vacante
par la romancière pour que celle-ci ressurgisse. Au point que les deux voix,
parfois, se confondent et que c’est la comtesse qui, tout à coup, nous parle
directement de ce que fut sa vie…
Finie, donc, la bonne vieille grand-mère, finie la bagnarde de la littérature enfantine (genre aussi ingrat
que la musique militaire), finie la bourgeoise confite en dévotion, finie aussi
la sadique obsédée chère aux petits-enfants de Freud. Voici une femme, dans sa
richesse et son ambiguïté. Dans la modernité, surtout. Née en 1799 dans une des
plus grandes familles russes, exilée en France à dix-sept ans, mariée à vingt
au comte de Ségur, play-boy qui ne cessera de la tromper que pour lui faire des
enfants et dont la famille rougit quelque peu des bévues mondaines, du
caractère impétueux et excessif de la jeune Slave, Sophie née Rostopchine est,
comme toutes les immigrées, un personnage décalé. Elle habite son milieu, sa
condition et son époque, mais en porte-à-faux – d’où peut-être, le recours à la
création littéraire.
Bref, sa singularité nous la rend proche, et nous l’entendons
mieux. Encore fallait-il lui rendre voix. Il était temps qu’elle rencontre
Claudine Beaussant…