Quatrième de
couverture : De Gaulle continue à régenter la politique française.
Qu'on rejette son action et sa pensée ou qu'on en cultive la référence, le
Général exerce encore sur la vie publique une domination souveraine qui en fait
le " grand homme " français du XXe siècle, auquel nul n'ose se
comparer.
Nicolas Tenzer montre qu'il faut en finir avec le
complexe gaullien. Non pour dénier à l'hôte de Colombey
une supériorité en son temps, ni pour réhabiliter ses adversaires les plus
indignes. Mais pour juger les fondements de son action, alors que son héritage,
pesant et équivoque, entrave aujourd'hui l'action politique.
Aux yeux de l'auteur, il est devenu absurde de singer le gaullisme qui, en
dehors du Général n'existe sans doute pas. Ses copistes feraient bien de se
dégager de ses cadres de pensée, en matière de politique étrangère comme dans
le domaine institutionnel, et de rompre avec sa vision de l'histoire de France,
sa marginalisation de la société et ses mythologies qui nous ont trop longtemps
dissimulé la politique réelle.
Mais renoncer aux schémas gaulliens, à droite comme à gauche, n'est pas facile
: revisiter De Gaulle suppose une maturité, un ton juste, une distance critique
et, nécessairement, une banalisation de cette grande figure historique.
Au moment où l'on célèbre le 40e anniversaire de la Cinquième République,
voici la réflexion roborative d'un esprit indépendant.