Résumé : La IVe République, en portant Vincent Auriol à l’Elysée,
avait cru élire un président-soliveau. Or les circonstances souvent dramatiques
de son septennat et la fréquence des cises allaient
faire de Vincent Auriol, l’homme clé du régime. C’est pourquoi le nouveau « Roman
vrai » de Gilbert Guilleminault et de ses
collaborateurs est placé sous son vocable.
A travers « L’année de la grande peur » (1947),
« Le procès Kravchenko », qui fait un
instant de la France le champ clos de la guerre froide, « L’affaire des
généraux », c’est l’atmosphère politique – et souvent trouble – de ces
années qui revit. Comme les destins de « Joanovici »
et de « Joseph Peyré » nous font apparaître
les dessous, combien bourbeux, de la guerre des polices, des séquelles de l’occupation
et du pourrissement indochinois.
Mais c’est aussi toute la vie française de ces années 50
qui, comme dans « Les lendemains qui ne chantaient pas », du même
auteur, ressuscite dans ces pages : le banditisme avec le légendaire « Pierrot
le fou », le sport avec le boxeur « cerdan », le théâtre avec « Gérard
Philipe », en qui s’incarnera la nouvelle jeunesse ; la charité, avec
la bouleversante croisade de « l’Abbé Pierre », née sur la tombe d’un
bébé mort de froid.