Quatrième de couverture : C'est dès 1919 qu'apparaît
l'expression "Belle Epoque" pour désigner le temps d'avant la Grande
Guerre. Les bouleversements provoqués par le conflit qui vient de s'achever et
la vie chère qui fait regretter les facilités de la société de consommation des
années 1900 lui assurent un succès immédiat.
Sans
doute ce passé proche est-il rétrospectivement embelli. Mais, malgré la dureté
des conditions de vie de la majorité des Français, des Françaises et des
étrangers vivant en France, en dépit de la réelle et considérable inégalité des
patrimoines et des revenus, des crises politiques, des conflits idéologiques et
aussi des tensions internationales, l'appellation de "Belle Epoque"
est justifiées par la solidité du régime républicain, le dynamisme de
l'économie, le rayonnement de la France dans le monde, les découvertes
scientifiques, les innovations techniques et l'animation de la vie de l'esprit.
L'homme occidental est en pleine fierté de lui-même, l'Exposition de 1900
constitue symbole et apogée: Ville-Lumière, aéroplanes, cinéma, promesses de
paix, mais aussi illusions de la puissance et risques de guerre.
La
nostalgie de la "Belle Epoque" naît légitimement du regret de la
stabilité et de la comparaison avec les conditions de vie faites aux Français
dans l'après-guerre. Mais elle a également pour fonction de créer une
"légende dorée" enjolivant notablement la réalité historique,
favorisant l'évasion et projetant les rêves dans un passé presque exotique; il
a d'ailleurs fallu les souffrances extrêmes de la guerre de 1914 pour faire
oublier les défauts des années 1900, véritable "avant-siècle".
N'est-ce pas aussi la fonction de la vogue récente des années 1900, à
l'évidence liée à la crise de la fin du XXe siècle ?