Résumé : Se
souvenant du féroce dialogue imaginé par Forain entre deux poilus dans la
tranchée : « Pourvu qu’ils tiennent ! – Qui ça ? – Les civils ! », Gilbert Guilleminault
et ses collaborateurs ont voulu, selon la formule aujourd’hui familière aux
lecteurs de cette collection, nous restituer à travers les évènements
politiques, militaires, artistiques, la vie de l’arrière pendant les terribles
années 1914-1918.
Voici Gallieni assurant la défense désespérée de Paris,
créant le miracle des Taxis de la Marne ; voici la capitale nocturne où
viennent se débonder entre deux combats les « as », archanges
tumultueux de ce temps, et le Paris qui gouaille encore sous les obus de la
grosse Bertha. Les nuits d’alerte n’empêchent pas les salles de spectacles d’être
pleines : la création du « premier ballet cubiste » « Parade »
dont Cocteau a fait le livret, Picasso le décor, Eric Satie la musique,
déchaîne les passions des mondains et des critiques.
Voici la Chambre, ses intrigues, ses paniques, jusqu’au
jour de novembre 1917 où à 77 ans, Clemenceau prend en main le destin de la
guerre. Et voici la France anonyme qui a faim, qui a
froid, et que va décimer encore la grippe espagnole. Enfin, sous les traits d’un
Radiguet, une jeune génération qui se lève, impatiente de vivre et de jouir,
oublieuse du sacrifice de ses aînés, tandis que le cercueil d’Apollinaire passe
sous les arcs de lampions et de drapeaux de la victoire.
Telle est cette « France de la Madelon ». Un
titre qui pour l’auteur, renferme sans doute autant de sombre ironie que celui
de « Belle Epoque ».