Quatrième de
couverture : « La IVe République avait ses crises, la Ve a ses
complots. » Complot mort-né du 15 octobre 1959, qui devait porter au
pouvoir, à leur insu ou non, un triumvirat de généraux ; semaine des
barricades des 24-31 janvier 1960 provoquée par le rappel inopiné du général
Massu ; opération avortée du 10 décembre qui visait à faire basculer l’armée
dans un antigaullisme intransigeant. Insurrection enfin des 22-24 avril 1961,
où « quatre généraux aux ordres de quatre colonels » ont tenu le
monde en haleine pendant quatre jours.
Cette fois, au triumvirat Salan-Zeller-Jouhaud, s’était joint Challe. Son prestige, sa réputation
de loyauté et d’intégrité rendirent son adhésion retentissante et donnèrent à
la révolte une gravité qu’aucune des tentatives précédentes n’avait revêtue. Un
moment la nation, qui s’était rangée derrière le Chef de l’Etat, semble s’interroger.
Entre elle et son armée, ce divorce auquel elle ne voulait pas croire devenait
une réalité bouleversante. Du moins fut-ce la crainte, l’angoisse qui étreignit
la France au premier soir de la rébellion. La suite des évènements la détrompe.
Du moins encore le crut-elle. Elle crut aussi à la victoire du Gouvernement,
assez habile l’espace d’un soir pour l’y associer sans plus de réserve.
Mais que faut-il croire en réalité, et comment faut-il
expliquer ce drame, bientôt transformé en tragi-comédie ? C’est à quoi se
proposent de répondre dans ce livre Jacques Fauvet et
Jean Planchais, collaborateurs du Monde.[…]