Quatrième de
couverture : Les règles et la grossesse : deux sujets tabous de notre
société, fondant toute la condition féminine. Dès la puberté, la femme est
souillée, exclue. Son « infériorité biologique » entraîne son « infériorité
sociale ». Le monde se divise en deux : une moitié blanche comme le sperme de
l'homme, positive, une moitié rouge comme le sang de la femme, négative. L'Histoire
rend compte de la non-existence de la femme. On l'a enfermée dans « les gynécées,
les harems, les couvents et les maisons closes, ou encore dans les maisons,
tout simplement ». Prostituée, ange ou mère, la femme n'a pas de corps à elle.
Elle ne se réhabilite socialement qu'en devenant mère.
Armanda Guiducci, écrivain et
journaliste de gauche, relate avec beaucoup de culture et de sensibilité son
expérience, traumatisante, extrême et banale : petite fille d'une famille
bourgeoise, italienne et catholique de l'entre-deux-guerres, où les hommes sont
des rois, elle revit sa jeunesse castrée et ses efforts pour se libérer : de la
puberté à la grossesse, vécue comme revanche et épanouissement. L'homme est à
son tour exclu, de la paternité, de la douceur, des larmes.
Parallèlement, A. Guiducci analyse les tabous qui existent
et justifient la dévalorisation historique et universelle de la femme.
L'amplitude du phénomène la conduit à infirmer la théorie marxiste classique, à
examiner l'attitude féministe américaine, à poser de nouvelles questions. Elle
propose une autre définition du rôle féminin (et du rôle masculin) : son droit
à la différence, d'abord dans son corps et dans ses rapports avec les autres.
Lucide, humoristique, à mi-chemin entre le journal et
l'analyse, ce livre reflète la démarche d'une femme pour arriver à se connaître
et s'accepter en tant que femme, et les problèmes de l'auteur, ses réticences,
ses silences parfois, laissent transparaître la difficulté de sa tâche et sa
sincérité.