Résumé : C'est l'âge d'or de la
"ville heureuse" que ressuscite Marcel Brion. La vie à Vienne, de la
fin du XVIIIe jusqu'au milieu du XIXe siècle est une fête perpétuelle: le
Viennois aime passionnément tous les spectacles. La musique, depuis les
flonflons des guinguettes de banlieue au cadre fastueux de l'opéra. Le théâtre
aussi: plusieurs fois par semaine, le Viennois va chercher sur la scène
l'illusion du vrai, mais d'une vérité parée d'un peu de féerie. Et tout cela ne
serait rien sans la danse : le Viennois ne pense guère à autre chose. Et de
toutes les danses, la valse, la griserie qui fait tout oublier. La valse, le
violon, Strauss... D'une fête à l'autre, le spectacle est dans la rue et sur le
Prater où se pressent les Viennois, toujours à la recherche de la surprise,
immenses kermesses de Sainte-Anne ou de Sainte-Brigitte, relève de la garde,
parade du bétail qu'on conduit à l'abattoir, ménageries, illusionnistes et
bateleurs, tout était prétexte à amusement pour les habitants de Vienne,
ville-femme, capricieuse et volage.
Dans
les coulisses s'écrit l'histoire, de Joseph II à Metternich, nous assistons à
l'avènement de la bourgeoisie: c'est le règne de M. Biedermeier, qui ne rêve
que d'une paix rose et dorée.
1848:
c'est la fin d'une "belle époque".