Quatrième de
couverture : La constitution de 1875 est née d’une série de compromis
entre les républicains et les royalistes libéraux. Conçue par ces derniers
comme un régime « d’attente monarchique », après la vaine tentative
de restauration, en 1873, elle s’est, paradoxalement, adaptée à un régime
républicain qui devait durer soixante-cinq ans. Encore, cette transmutation ne
s’est-elle opérée qu’au prix d’une crise aiguë, provoquée par l’homme même que
les monarchistes avaient mis en place pour réserver le trône royal : le
maréchal de Mac-Mahon. Cette crise, c’est le coup d’Etat (manqué) du 16 mai
1877, qui nous est conté, aujourd’hui, par Mme Fresnette
Pisani-Ferry. Historienne par vocation, la petite-nièce de Jules-Ferry possède
sur la question des connaissances inédites, puisées aux sources mêmes de l’évènement,
enrichies de textes encore impubliés auxquels elle a
eu accès, comme les « Souvenirs » du maréchal de Mac-Mahon. Mais plus
encore que des révélations apportées par l’auteur, l’ouvrage de Mme Fresnette Pisani-Ferry tire sa saveur particulière d’une
approche originale des faits et des protagonistes. C’est un patient et
dramatique encerclement, auquel le lecteur se sent irrésistiblement associé.
L’une des conséquences les plus durables de ce « coup
d’Etat manqué » fut, incontestablement, ce « tabou » de la
dissolution, qui a dominé la vie constitutionnelle de la
IIIème et de la IVème République. C’est parce que le Président Edgar
Faure a été le premier chef de gouvernement à passer outre à ce « tabou »
qu’il a accepté de préfacer ce livre qui, dit-il, « nous donne une
sérieuse chance d’en finir avec cette superstition dont la malfaisance n’est
plus guère contestable ».