Quatrième de
couverture : Automne 1997 : après quinze ans de procédures
judiciaires, le procès Papon s'ouvre enfin à Bordeaux. Pour les jurés de la
cour d'assises, une question grave : Maurice Papon, secrétaire général de la
préfecture de la Gironde
entre 1942 et 1944, s'est-il rendu complice de crimes contre l'humanité en
permettant la déportation de 1560 juifs " y compris femmes et enfants
", vers Drancy, antichambre des camps de la mort de l'Allemagne nazie ?
A partir de témoignages et de documents inédits, Bernard
Violet retrace le destin d'un homme au tempérament trempé et secret. Il lève le
voile sur les mystères d'une carrière exceptionnelle commencée, sous la IIIe République
chez les radicaux-socialistes et terminée avec Valéry Giscard d'Estaing. De
quelles protections a-t-il bénéficié pour être successivement nommé préfet de la Corse, secrétaire général au
Maroc, super préfet de Constantine, en Algérie, préfet de la police parisienne,
trésorier de l'UNR (ex-RPR), ministre du Budget ? Quels services ce haut commis
de l'Etat a-t-il rendus en contrepartie ? Préfet de police de Paris pendant
neuf ans, Maurice Papon porte-t-il des responsabilités dans les ratonnades
d'octobre 1961, dans la tragédie du métro Charonne en 1962, et dans I'enlèvement
de l'opposant marocain Ben Barka en 1965 ? A-t-il
parfois péché par excès de zèle ?
1968 : Maurice Papon se lance en politique. Comment se
fait-il élire maire de Saint-Amand-Montrond et député du Cher ? Comment
devient-il ministre de Raymond Barre ? Pourquoi son passé bordelais resurgit-il
un beau jour du mois de mai 1981 ?
Dans son enquête, Bernard Violet souligne avec force détails
les tenants et aboutissants du procès Papon. Après ceux du SS Klaus Barbie et
du milicien Paul Touvier, le premier d'un haut fonctionnaire de Vichy, Et à travers
lui, celui de l'une des pages les plus sombres de notre histoire.