Quatrième de
couverture : Chez « Maxim’s », la valse s’arrête tandis que
toutes les cloches de Paris égrènent les douze coups de minuit : nous
sommes le 1er janvier 1920. Les « années folles »
commencent. Après le cauchemar de la Grande Guerre, la France se remet à vivre.
Dans l’ivresse.
Comme il l’avait fait pour le Premier janvier 1900, Arthur Conte ressuscite, avec une verve et
un brio extraordinaires, les milles facettes de ce jour qui est comme l’aube d’un
monde qui change. Fascinant miroir, où se retrouvent non seulement tous les noms
célèbres du siècle, mais aussi le climat de toute une époque. Atmosphère
étrange et envoûtante, soif de libertés nouvelles, angoisses infinies, rêves,
vertiges. On découvre les sports d’hiver à Megève, l’auto, l’avion et ce
nouveau roi, le cinéma. La mode est au thé-dansant et au dîner-tango, au cirque
où l’on applaudit les Fratellini, au Casino où Mistinguett danse. Citroën
produit soixante-dix voitures par jour et Renault sort une 40 CV six cylindres.
C’est la fête à Montparnasse, et la guerre civile en Russie. Et Arthur Conte n’oublie
pas les personnages qui ont « fait » cette saison sans égale. Voici
les hommes politiques, Clemenceau, Blum, Pétain et le capitaine de Gaulle, qui
a trente ans. Voici Coco Chanel qui pleure le grand amour de sa vie. Picasso
qui se rassied quand on joue « la Marseillaise ».
Paul Morand qui a l’âge de la Tour Eiffel. Le « père » Léautaud qui
dort avec ses dix chats. L’inimitable Cocteau. Valéry qui joue du monocle. Proust,
fantôme frileux. Gide, le rôdeur-né. Giraudoux, avec sa grâce de papillon…
Un livre qui se lit avec plaisir, comme un album de
souvenirs enchanteur. Un livre, aussi, où l’on apprend à chaque page.
Et puis, faut-il l’ajouter, on retrouvera curieusement,
dans ce Premier janvier 1920, nos
propres songes et nos propres anxiétés, nos propres mensonges et tous nos
propres jeux et désirs d’aujourd’hui. Qu’on nous entende bien : Arthur
Conte n’a pas succombé à la « mode rétro »… il nous en fait
redécouvrir les secrets.