Quatrième de couverture : Le "procès de Riom"
est un des grands procès politiques de l'histoire de France. Les dirigeants de
Vichy l'ont décidé en juillet 1940 pour convaincre la population française de
la malfaisance du régime démocratique et plus précisément du gouvernement de
Front Populaire, dénoncés comme les responsables de la défaite sans précédent
de l'armée française en mai-juin 1940. En
contrepartie, la "Révolution Nationale" devait apparaître comme seule
capable de rénover la France. Mais les dirigeants de Vichy refusèrent, comme le
désiraient le Allemands, de considérer la France comme responsable du
déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Ce refus irrita Hitler. D'autre
part, les accusés, Blum et Daladier en particulier, se défendirent avec énergie
et habileté; d'accusés, ils se muèrent en accusateurs, n'hésitant pas à mettre
en cause le maréchal Pétain lui-même. L'affaire tournant totalement à leur
désavantage sur tous les plans, les dirigeants de Vichy suspendirent le procès,
sine die, en avril 1942. La tragédie
avait tourné à la comédie-bouffe.
Le
"procès de Riom" est donc un moment important de l'histoire du régime
de Vichy et des relations de celui-ci avec les autorités d'occupation. Il est
significatif de la conception de la "justice du maréchal"; son échec
a contribué à provoquer un revirement de l'opinion française, défavorable au
régime de Vichy. Mais, en outre, grâce à l'enquête très minutieuse des
magistrats et la "Cour Suprême", une très abondante documentation a
été rassemblée; des centaines de témoins ont été entendus, des rapports ont été
demandés à de nombreux experts; ces archives apportent une information sans
équivalent sur la période du Front Populaire, le réarmement de la France, la
drôle de guerre, le désastre de mai-juin 1940.
Henri
Michel ne se borne pas à relater le déroulement du procès, à en caractériser
les aspects et à en marquer les principaux moments; il le situe dans l'ensemble
de la politique de Vichy et il en mesure l'impact sur l'opinion, française et
internationale. Surtout, il confronte les enseignements qu'apporte le procès
avec les conclusions auxquelles parvient aujourd'hui la recherche historique.
Son livre est donc, pratiquement, un bilan de la politique de la France, sous
tous ses aspects, entre juin 1936 et juin 1940 - quatre années cruciales de l'histoire
de France.