Quatrième de
couverture : Vers 1530 paradent François Ier, Charles Quint, Henry
VIII, Soliman le Magnifique sur les tréteaux de l’Histoire. Mais Bosch, Dürer,
Bruegel, Michel-Ange peignent l’Enfer et le Jugement dernier. Le monde,
croit-on, va vers sa fin et toute chose humaine vers sa corruption. L’époque,
autour de Luther, est hantée par le salut. Les visions sauvages de l’Apocalypse incendient les cœurs, les
prophètes annoncent aux carrefours la lutte finale entre le Mal et le Bien. C’est
ainsi que l’un d’entre eux, Jean de Leyde, subjugue une puissante ville d’Allemagne
et y instaure le « royaume des derniers jours ».
C’est la mise en commun de tous les biens, la suppression
de la monnaie, l’abolition de la propriété. Jean se fait même couronner roi et
prend pour devise : « Un roi pour tous – un dieu, une foi, un
baptême. » Il règne par la terreur quand la parole ne suffit plus. Il veut
soumettre tous les peuples du monde à sa loi et à l’obéissance de Dieu…
Après avoir suivi les traces des pèlerins (Priez pour nous à Compostelle) et celles
des compagnons (Ils voyageaient la France),
Barret-Gurgand racontent
ici l’histoire incroyable et pourtant authentique des anabaptistes de Münster
(1534-1535). Cette fois encore il s’agit d’une quête d’absolu. Mais aussi d’un
avertissement : la « déstabilisation » des esprits, l’incapacité
où nous sommes de nous représenter notre avenir, le foisonnement des sectes à l’approche
de l’an 2000 rendent singulièrement actuel ce drame de l’espérance.