Quatrième de couverture : Elle a écrit Blonds
étaient les blés d’Ukraine, publié l’année dernière. En quelques mois, ma chère maman a été une
révélation pour ses lecteurs. De l’anonymat d’une vie certes peu banale, mais
connue de quelques proches seulement, elle devint célèbre à quatre-vingt-cinq
ans ! Quelle revanche ! Quelle récompense, après tant d’efforts et de
courage ! Maman aurait sans doute aimé s’exprimer plus tôt, mais cette
reconnaissance tardive illumine son présent, même si elle dit : « C’est
de la moutarde après le repas ! », selon un vieux dicton russe…
Son premier recueil de
souvenirs s’arrête en 1920, à sa fuite de la Russie devenue communiste. Qu’est-il
arrivé à cette jeune fille intrépide aventureusement passée à l’Ouest ?
Maman avait raconté quelques-uns des épisodes de sa vie de femme, sous forme de
récits scrupuleusement fidèles à la réalité. Je l’ai priée de me confier ces
pages afin de les ordonner chronologiquement et de les publier, illustrées
de quelques photos de ses albums précieusement conservés à travers tous les
déménagements.
Voici un livre au charme
particulier : histoire d’un destin pas comme les autres puisque mes parents,
aristocrates russes déracinés, ont dû tout reconstruire en France, mais aussi
portrait d’une simple famille pendant un demi-siècle brisé par la guerre.
Tribulations d’une jeune veuve avec trois enfants à la recherche d’un boulot
dans le Paris des années 50, la crise et le chômage, Le thé chez la Comtesse est aussi un tableau cocasse de l’émigration
russe, que ma mère décrit avec lucidité et drôlerie. Dans ce livre, je vois
défiler les images de mon enfance, et celles, plus émouvantes encore, d’une
société déjà lointaine à laquelle on cherche intensément à se rattacher aujourd’hui.
Macha Méril