Quatrième de couverture : Jusqu'à une époque récente,
l'historiographie et les médias épargnaient Lénine, rejetant sur le seul
Staline le fardeau des péchés du communisme, comme si le second n'était pas
l'héritier du premier. Une vedette française ne chantait-elle pas :
"Lénine, réveille-toi, ils sont devenus fous !"
Dès
les années vingt, de grands universitaires socialistes, comme Mathiez et Aulard, décrétèrent que Lénine et la révolution d'Octobre
avaient parachevé, pour le bien de l'humanité, la Révolution française et que,
s'il y avait quelques arrestations et exécutions arbitraires, c'étaient de
simples bavures inhérentes à toute révolution. On ne pouvait libérer les
travailleurs sans casser des oeufs.
Paul Mourousy n'a pas eu besoin de trouver des documents
nouveaux pour démontrer que Lénine est bel et bien le père du totalitarisme
sans lequel le communisme n'est pas viable. Il suffisait de dépouiller les
faits et les propos de Vladimir Ilitch Oulianov des interprétations militantes
qui en avaient été faites.
L'auteur
dépeint chez Lénine une insensibilité, un manque d'amour, un besoin de faire
table rase qui se manifestent dès l'adolescence. Son mépris des autres, son
esprit impitoyablement dogmatique, son absence totale de fibre patriotique et
une stupéfiante dureté, joints à son intelligence, à son obstination et à sa
ruse lui permettront, avec ses bolcheviks devenus minoritaires, de balayer les
obstacles qui auraient empêché tout autre de conquérir et de garder le pouvoir.
Pour l'auteur, c'est parce qu'il était par essence un destructeur que Lénine a
pu édifier, par la terreur, le monde soviétique.