Quatrième de
couverture : 18 juin – 9 août
1815. La période comprise entre ces deux dates est sans doute l’une des
plus dramatiques de la carrière de Napoléon. Derrière lui, Waterloo, un acte d’abdication,
une meute d’ennemis menaçants. Devant lui une diversité d’options qui mènent
toutes aux ténèbres, et entre lesquelles l’Empereur déchu ne peut se résoudre à
choisir. D’ailleurs, sa liberté de manœuvre diminue d’heure en heure et son
horizon se limite bientôt aux mâts du Bellorophon où flotte le pavillon de la royal Navy, au large de l’île d’Aix. Mais en se mettant « sous
la protection des lois du peuple britannique » - selon les termes de sa
lettre célèbre au Prince-Régent d’Angleterre – Napoléon va poser à ses
vainqueurs les problèmes les plus épineux. Quelle qualité fallait-il
reconnaître au prisonnier ? Quel statut lui accorder ? Comment lui
refuser le bénéfice de l’habeas corpus
qu’il demande et qui est l’honneur des lois anglaises ? Le Cabinet
britannique, bien décidé à l’envoyer très loin dans l’hémisphère austral, n’était
pas sûr de son bon droit et il tint à recueillir des consultations qui se
révélèrent contradictoires. On vit même l’amiral responsable de Napoléon se
cacher d’un huissier auquel il n’aurait pu refuser de déférer l’ex-empereur
comme témoin devant un tribunal, ce qui aurait au moins retardé son départ… Les
prodromes de la décision qui devait déporter Napoléon à Sainte-Hélène, les
protestations solennelles du prisonnier, la campagne menée par ses fidèles avec
l’appui de Me Capell Lofft,
les ultimes manœuvres de diversion, le transfert sur le Northumberland pour une
traversée de soixante et onze jours… ces tragiques convulsions, Jean Duhamel
les évoque en mettant sous nos yeux des documents historiques dont beaucoup
dormaient inconnus dans les Archives anglaises.
Cette étude déborde d’ailleurs son cadre historique,
puisqu’elle soulève l’éternel et toujours actuel problème de la justice, du
respect de la personne humaine et des droits de l’homme.