Quatrième de
couverture : Que ce soit pour le contester ou l'admirer, les livre consacrés
à André Malraux après la Libération ont rendu illustre sa vie publique ou
plutôt sa geste, laissant ignorer ce que fut sa vie de famille. Or, à celle-ci,
avant qu'elle n'atteigne son terme, une étrange confluence avait apposé un sceau
que nul n'aurait pu prévoir : à six mois d'intervalle la mort accidentelle de
celle qui, sans avoir été l'épouse de Malraux, fut sa deuxième femme et la mère
de ses deux fils, et la disparition en déportation de son demi-frère cadet,
Roland.
Après le second conflit mondial, l'auteur de l'Espoir divorça de sa première femme,
Clara, qui éleva seule leur fille Florence, aujourd'hui mariée au cinéaste
Alain Resnais. Il se remaria avec sa belle-soeur
Madeleine, veuve de Roland Malraux et mère d'Alain. Ensemble, ils élevèrent
leur fils comme trois frères. Les deux aînés se tuèrent au sortir de
l'adolescence un même soir de mai 1961 sur une route de Bourgogne et ne resta
auprès du grand écrivain que le plus jeune des trois garçons qu'il avait vu
grandir : Alain Malraux, dont il fut bien moins l'oncle que le père adoptif et
spirituel puisqu'il partagea vingt-trois ans de son existence.
Maintenant qu'à son tour André Malraux a disparu, surgit le
témoignage inattendu d'un jeune homme sur l'enfant qu'il fut et qui découvrit
la vie à travers le prisme déformant d'un homme de génie, avant d'être le
survivant précoce de cette communauté familiale si tôt évanouie.
Le regard que pose Alain Malraux sur ces enfances mêlées
autour d'une figure qui a marqué notre temps a la force décapante de l'inédit.
L'André Malraux qu'il fait ressortir de cette zone d'ombre apparaît éclairé
d'une lumière neuve, tour à tour douce et intrépide, et parfois bouleversante
lorsque, par éclairs, nous devient sensible - mais jusqu'à l'aigu - la
vulnérabilité de ce colosse, dont quelques-unes de ces pages transmettent la
secrète palpitation.