Quatrième de
couverture : L’aventure des Cent-Jours – de l’île d’Elbe à Waterloo –
est l’épisode le plus stupéfiant de l’histoire de France. Peut-être même n’a-t-on
jamais rien vu de semblable dans aucun pays.
« Vingt ans de guerre, c’est trop. » On avait
entendu ce cri dans les villes et dans les campagnes ; Un soupir de
soulagement avait salué l’abdication et le départ pour l’exil de l’Empereur
vaincu. Dix mois plus tard, il débarque à Cannes avec 1200 hommes. En
vingt-deux jours, sans tirer un coup de fusil, il arrive à Paris et remonte sur
son trône sous les acclamations, tandis que Louis XVIII s’enfuit, en hâte, dans
la nuit, sous la pluie.
Napoléon est alors au sommet de son aventure. Mais, comme
dans les tragédies antiques, la fatalité a déjà tout disposé pour rendre sa
chute inéluctable. Les monarchies de l’Europe remuent leurs armées, le spectre
de la guerre effraie la bourgeoisie française, les Chambres, élues sur l’ordre
de Napoléon, commencent contre lui une guérilla impitoyable. En quelques
semaines, il n’a plus pour lui que l’armée et le petit peuple, qui voit en lui
le défenseur des conquêtes de la Révolution. Ne voulant pas être « le roi
d’une jacquerie », il refuse de se laisser porter par ce courant populaire.
Il espère qu’une victoire sur la coalition lui rendra un vrai pouvoir et l’adhésion
de tous les Français. Comme on le sait, au lieu d’une victoire, c’est Waterloo.
Napoléon est ici naturellement au centre de tout, mais un
monde gravite autour de lui : cent personnages qui sont alors, comme dans
toutes es grandes crises, à leur intensité maximale, modèles de courage ou de
lâcheté, d’appétits, de dévouement, de duplicité. Au milieu d’eux, le monstre
froid, Fouché, de qui les circonstances feront pendant quelques jours le vrai
souverain de la France. Et le peuple français, comme si souvent, complice et
victime de l’évènement.
Georges Blond a montré ces « Cent-Jours », si
peu et si mal connus, avec un mouvement de dramaturge dans une lumière crue.