Quatrième de couverture : Il n’est rien à la
longue qui exaspère un peuple versatile et généreux, comme la raison, le bon
sens, les projets à longue échéance. A travers ces pages, la raison, le bon
sens, les vues d’avenir de Louis XIV sembleront éclatants.
Ce roi est le plus célèbre et le plus méconnu des rois de France. Si, pendant
son règne, il a eu raison de ses adversaires, ceux-ci ont eu raison de lui
après sa mort : jansénistes, quiétistes, protestants se sont unis contre
sa mémoire, défigurant le personnage, caricaturant ses actes.
Il suffit pourtant d’ouvrir les Mémoires, de lire la
correspondance, de l’écouter parler avec ses contemporains les plus fidèles,
pour découvrir l’homme et lui vouer une admiration grandissante. Il est le père
de la France moderne, celle des industries comme celle des lettres et des arts.
Il lui a donné ses limites naturelles, il a obligé l’Europe à respecter ses
armées et sa flotte, il a noué et dénoué des alliances qui portent encore leurs
fruits. Il a doté le pays d’une administration, maté le trublionisme
de la noblesse, résisté à la tentation du schisme et bâti des palais et des
jardins dont la splendeur est encore aujourd’hui une des plus sûres gloires de
la France.
Ses fautes –puisque fautes il y eut quand même – tiennent à
l’isolement de la fin de sa vie. Coupé de la nation par ceux-là même qui
auraient dû en être l’écho, privé d’un Colbert qui fut un extraordinaire
employé, Louis XIV ne perçut pas les conséquences de la révolution politique,
morale et industrielle dont il était l’initiateur. C’est là, souvent, l’erreur
dramatique des vieillards autoritaires.