Quatrième de
couverture : Edouard est né dans le Nord. On n’y choisit ni son
berceau ni sa destinée.
Ici, le boulot fait partie des traditions ancestrales,
aux côtés de la bière, des frites, des flonflons et des ducasses.
Que le père Duleu soit monté à
Paris, appelé pour y devenir pompier cela n’a, somme toute, rien d’extravagant.
Il avait, naturellement emporté dans son maigre bagage, son piano à bretelles.
C’est avec lui qu’il va aller au feu (de la rampe), affronter le public
redoutable, se faire un nom dans les guinguettes, le music-hall et la chanson.
De tous les pompiers des salles parisiennes, l’ami Edouard est le plus connu !
Il y a, bien entendu, de tout, parmi les paroissiens que
le « métier » lui a fait rencontrer : des drôles et des
prétentieux, des types attachants et des minables, des braves et des salauds,
des cons et des autres.
Si son bouquin vaut le détour, c’est peut-être aussi
parce qu’il évoque une espèce en voie de disparition : celle pour qui la
chansonnette était une manière d’artisanat ; parce qu’il concerne une
époque où on avait encore le droit de choisir soi-même sa « Vedette »
ou son artiste préféré.
Edouard égrenne ainsi ses
souvenirs avec gentillesse et bonne humeur, ce qui n’exclut pas la mélancolie.
Il le fait sur un air d’accordéon.
Georges Brassens