Quatrième de couverture : Quelle que soit ma façon d'accommoder le ragoût, il
va s'agir ici d'un livre de souvenirs. Qui dit souvenir dit mémoire. Je n'ai
aucune mémoire. Ou plutôt ma mémoire est sélective. J'ai fait l'impasse, une
fois pour toutes, sur les gens et les événements désagréables. Je suis
optimiste par volonté, de même que l'on est pessimiste par humeur. D'ailleurs,
comment faut-il entendre le mot mémoire ? La mémoire est androgyne ou, si
vous êtes botaniste, monoïque. Féminine et masculin. Femelle, elle est
calculatrice, elle dépend de l'ordinateur. Mâle, le mémoire sous-entend une
sorte d'acte sous seing privé. Du mariage des deux naissent les Mémoires, genre
noble qui relève des académies, du journalisme et de la littérature. Je
choisirai l'option journalistique, hostile que je suis au rewriting,
c'est-à-dire à la tendance si naturelle d’en rajouter. La réalité me suffit :
elle m'épouvante et elle m’enchante.